Taux de réussite de la FIV à Istanbul : comment lire les chiffres ?

Révisé médicalement le 16 septembre 2026 - Dr. Senai Aksoy
Un couple examine un graphique et des documents au cours d'une consultation

Sources clés : HFEA : comprendre les statistiques des centres ESHRE : données des registres européens de 2020

Pour comparer les taux de réussite de la FIV à Istanbul, commencez par regarder ce que chaque chiffre mesure : un test positif, une grossesse visible à l’échographie ou une naissance vivante. Vérifiez ensuite s’il est calculé par cycle commencé, par ponction ou par transfert. Ces taux répondent à des questions différentes ; aucun ne prédit à lui seul votre résultat.

Table des matières

  1. Ce qu’un taux de réussite mesure
  2. Pourquoi deux pourcentages peuvent différer
  3. Quel âge faut-il prendre en compte ?
  4. Les techniques complémentaires changent-elles les résultats ?
  5. Questions fréquentes
  6. Passer d’une moyenne à votre situation

Ce qu’un taux de réussite mesure

Le mot « réussite » doit être précisé. Un test sanguin positif (β-hCG) ne confirme ni la localisation de la grossesse ni son évolution. Une grossesse clinique est généralement constatée à l’échographie ; l’activité cardiaque est un constat distinct. Enfin, « naissance vivante » ne signifie pas nécessairement naissance à terme ou absence de problème de santé. Le glossaire international des soins de fertilité distingue ces indicateurs.

Le dénominateur désigne ce à quoi le résultat est rapporté. Voici les points à vérifier :

Taux annoncéQuestion à poser
Par cycle commencéLes cycles annulés avant la ponction sont-ils inclus ?
Par ponction ovocytaireLes ponctions sans embryon disponible pour un transfert sont-elles comptées ?
Par transfertSeules les tentatives arrivées au transfert entrent dans ce calcul. Compte-t-on les actes de transfert ou les embryons transférés ?
Taux cumulé de naissance vivanteQuels transferts frais et congelés, combien de ponctions et quelle durée de suivi sont inclus ?

Le taux cumulé de naissance vivante par ponction prend en compte les transferts frais et congelés issus de cette ponction, jusqu’à une naissance d’au moins un enfant vivant ou jusqu’à l’utilisation de tous les embryons. Un accouchement de jumeaux compte une seule fois. C’est la mesure définie dans le glossaire international.

On ne l’obtient pas en additionnant les taux de chaque transfert : deux transferts annoncés chacun à 30 % ne donnent pas 60 % de chances cumulées. Vérifiez si le chiffre porte sur une ou plusieurs ponctions, la durée du suivi et si tous les résultats sont connus.

Demandez aussi la période étudiée, les tranches d’âge, le type de traitement, l’effectif et les résultats manquants. Le guide de la HFEA pour comparer les centres explique l’intérêt des intervalles d’incertitude : un petit écart ne suffit pas à conclure qu’un centre obtient de meilleurs résultats.

Pourquoi deux pourcentages peuvent différer

Un taux peut changer parce que son calcul change. Lorsqu’on congèle tous les embryons pour un transfert ultérieur, exclure ces ponctions du calcul des résultats des transferts frais modifie le dénominateur. La congélation ne modifie donc pas, à elle seule, la définition de tous les taux.

Le rapport ESHRE sur les traitements de 2020, publié en 2025, rassemble 1 440 centres de 41 pays. Le taux de grossesse clinique en FIV classique, hors ICSI, était de 22,1 % par ponction, ou 26,4 % après exclusion des cycles avec congélation de tous les embryons ; il était de 34,9 % par cycle de décongélation pour les embryons congelés. Les groupes et les dénominateurs diffèrent, et les données sont inégalement complètes selon les pays.

Ces moyennes européennes ne sont pas les résultats des centres d’Istanbul. Elles ne prouvent pas non plus que la congélation améliore les chances. Un taux de grossesse chez les patientes arrivées au transfert ne permet pas d’estimer votre probabilité de naissance vivante avant le début du traitement.

Quel âge faut-il prendre en compte ?

Lorsque les embryons proviennent des ovocytes de la patiente, c’est son âge au moment de la ponction qu’il faut vérifier, même si le transfert a lieu plusieurs années plus tard. Le rapport britannique HFEA sur 2024, publié en juin 2026, applique cette distinction aux transferts congelés. Ses données de naissance pour 2024 sont provisoires et non encore validées.

L’âge ne suffit toutefois pas à estimer vos chances. Le diagnostic, la réserve ovarienne, les paramètres spermatiques et le développement des embryons lors des tentatives précédentes comptent aussi. Dans les statistiques internationales, il faut également savoir si les ovocytes sont ceux de la patiente : mélanger des origines différentes masque des situations qui ne sont pas comparables.

Les techniques complémentaires changent-elles les résultats ?

Un pourcentage plus élevé après un examen supplémentaire peut refléter la sélection des embryons transférés. Cela ne signifie pas forcément que davantage de patientes commençant le traitement auront un enfant.

L’imagerie embryonnaire en continu, dite time-lapse, suit les embryons dans l’incubateur. Selon l’évaluation de la HFEA, elle n’améliore pas les chances d’avoir un enfant pour la plupart des patientes, que l’analyse des images soit manuelle ou automatisée.

Le PGT-A recherche des anomalies du nombre de chromosomes dans des cellules prélevées sur l’embryon. La HFEA distingue la réduction des fausses couches de la chance d’avoir un enfant. Pour ce dernier objectif, son classement est rouge chez la plupart des patientes : la sélection peut réduire le nombre d’embryons disponibles et l’efficacité du traitement. Un délai plus court jusqu’à la grossesse ne peut pas être promis.

Questions fréquentes

Combien de tentatives de FIV peuvent être nécessaires ?

Il n’existe pas de nombre valable pour tout le monde. Il faut d’abord préciser ce qu’on appelle une tentative : une stimulation commencée, une ponction ou un transfert. Une même ponction peut permettre plusieurs transferts. Toute estimation doit préciser le traitement envisagé et la durée du suivi.

Un transfert sans grossesse annonce-t-il d'autres échecs ?

Non. Un seul transfert sans grossesse ne suffit pas à établir un échec d’implantation récurrent. La suite du bilan dépend de l’histoire médicale, sans imposer automatiquement une série d’examens supplémentaires. Les recommandations ESHRE sur les échecs d’implantation récurrents ne préconisent pas l’analyse systématique du microbiote utérin ou vaginal.

Notre article sur le deuxième avis après une FIV sans grossesse explique comment préparer les comptes rendus précédents.

Peut-on comparer directement les taux après transfert frais et congelé ?

Il faut tenir compte des patientes incluses, du stade des embryons, de l’âge à la ponction et du mode de calcul. Un taux plus élevé après transfert congelé ne prouve pas, à lui seul, un bénéfice de la congélation. Les embryons congelés ne sont pas tous nécessairement des blastocystes.

La moyenne d'un centre indique-t-elle ma chance d'avoir un enfant ?

Non : elle décrit un groupe. Demandez en quoi ce groupe ressemble à votre situation, quel résultat a été mesuré et quels cycles ont été exclus. Même une estimation fondée sur des patientes comparables garde une part d’incertitude.

Passer d’une moyenne à votre situation

Apportez le chiffre publié et sa définition, ainsi que les comptes rendus de traitement et d’embryologie dont vous disposez. Ils permettent de distinguer les informations déjà connues de celles qui restent à préciser. Le guide de la FIV étape par étape situe la ponction et le transfert dans le parcours.

Information médicale

Sources et rédaction vérifiées le 16 septembre 2026 : définitions, dénominateurs des registres et techniques complémentaires.

Cette page fournit des repères généraux et ne remplace pas une évaluation individuelle par un spécialiste de la fertilité. Présentation du médecin : Dr Senai Aksoy.

Références

Sources consultées le 16 septembre 2026. Les titres originaux sont conservés pour faciliter leur recherche.

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Dr. Senai Aksoy

Le Dr Aksoy s'est formé en France avant de rentrer en Turquie, où il a été membre de l'équipe ICSI de l'hôpital Sevgi à Ankara — premier centre ICSI du pays (1994-95) — et co-auteur des premières publications turques sur l'ICSI réalisées en collaboration avec l'équipe Van Steirteghem (Bruxelles, Human Reproduction 1996, PMID 8671323). Il a contribué à créer le programme FIV de l'Hôpital Américain d'Istanbul et dirige son propre centre de fertilité depuis 1998.

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