Traitement de l'hydrosalpinx et infertilité

Révisé médicalement le 19 juillet 2026 - Dr. Senai Aksoy
Traitement de l'hydrosalpinx et infertilité

À retenir

L'hydrosalpinx désigne une trompe endommagée, bouchée et remplie de liquide. Ce liquide peut gêner l'implantation embryonnaire en FIV s'il rejoint la cavité utérine. Le diagnostic et le traitement — souvent salpingectomie ou occlusion proximale — précèdent en général le prochain transfert.

Sources clés : ASRM — chirurgie tubaire à l'ère de l'AMP (2021) ASRM — salpingectomie pour hydrosalpinx avant FIV

Pourquoi ce diagnostic change le calendrier de FIV

L’hydrosalpinx, c’est une trompe bouchée remplie de liquide. En langage courant : du liquide dans la trompe de Fallope. Le mot paraît technique. En consultation, cela arrive souvent plus discrètement — l’hystérosalpingographie (HSG) n’est pas normale, et le prochain transfert peut devoir attendre.

Ce liquide peut gêner la conception naturelle et l’implantation embryonnaire après une fécondation in vitro (FIV). On le traite donc sérieusement même sans symptômes — y compris quand un traitement de fertilité, notamment une FIV, est déjà prévu.

Il suit souvent une infection, une inflammation, une chirurgie antérieure ou une endométriose. Beaucoup de femmes découvrent le diagnostic seulement pendant un bilan d’infertilité, parfois sans douleur pelvienne claire auparavant.

Si une FIV est prévue, on traite en général la trompe atteinte avant le transfert d’embryons, pas après plusieurs échecs. Les patientes qui organisent des soins à Istanbul peuvent planifier cette étape tubaire avant le voyage pour le transfert — voir FIV en Turquie et le guide FIV à l’étranger.

Qu’est-ce qu’un hydrosalpinx ? (liquide dans la trompe)

Une trompe saine aide la rencontre ovule–spermatozoïde, puis le transport de l’embryon précoce. Quand l’extrémité distale est bouchée :

On parle aussi de liquide dans la trompe de Fallope. Une trompe ou les deux peuvent être touchées. Quand les deux le sont, la grossesse naturelle devient beaucoup moins probable.

Pourquoi l’hydrosalpinx nuit à la fertilité

Trois problèmes voyagent souvent ensemble :

MécanismeCe que cela change
Bloc mécaniqueOvule et spermatozoïdes ne se rencontrent pas dans cette trompe
Liquide embryotoxiqueLe liquide de la trompe endommagée peut nuire aux embryons
Lavage de cavitéLe liquide peut refluer dans l’utérus et gêner l’implantation embryonnaire

Il y a aussi un risque plus élevé de grossesse extra-utérine si une conception naturelle est encore tentée via une trompe abîmée. Ce n’est pas « juste une image d’échographie ».

Symptômes : souvent silencieux, parfois nets

Beaucoup de cas restent silencieux. Quand des symptômes apparaissent, ce peut être une douleur pelvienne intermittente, des pertes inhabituelles, des douleurs lors des rapports, un antécédent d’infection pelvienne ou une difficulté à concevoir.

Se sentir bien n’exclut pas le diagnostic. D’où l’intérêt d’évaluer les trompes dans un vrai bilan d’infertilité.

Causes fréquentes

Les contextes habituels : maladie inflammatoire pelvienne antérieure, chlamydia ou autres infections sexuellement transmissibles (parfois encore appelées maladies sexuellement transmissibles), endométriose, adhérences après une chirurgie antérieure, chirurgie tubaire antérieure.

Parfois aucun épisode précis ne revient en mémoire. L’atteinte peut pourtant être nette à l’hystérosalpingographie ou à la laparoscopie.

Comment diagnostiquer un hydrosalpinx

D’abord l’imagerie. La laparoscopie quand le tableau reste flou ou qu’une chirurgie est déjà prévue.

Hystérosalpingographie (HSG)

Aussi appelée hystérosalpingogramme. Un produit de contraste sous contrôle radiologique montre si les trompes se remplissent et se déversent. Un hydrosalpinx apparaît souvent comme une trompe dilatée sans passage distal. C’est encore le premier examen le plus courant pour diagnostiquer un hydrosalpinx dans un bilan d’infertilité.

Échographie endovaginale

Elle peut montrer une structure tubulaire dilatée, remplie de liquide, près de l’ovaire. Une échographie normale n’exclut pas toujours le diagnostic.

Laparoscopie

Vue directe du pelvis par une approche mini-invasive. Elle sert quand le diagnostic reste incertain, quand d’autres lésions sont suspectées, ou quand les traitements chirurgicaux se font dans le même temps.

Apporter les films d’HSG ou les comptes rendus opératoires aide une clinique internationale à éviter de tout recommencer.

Options de traitement de l’hydrosalpinx

Pour les personnes déjà en traitement de fertilité — surtout en FIV — retirer ou occlure la trompe endommagée est en général préféré aux drainages répétés.

Le choix dépend du projet (tentative naturelle ou FIV), du caractère uni- ou bilatéral, de la douleur et des lésions associées. Les traitements chirurgicaux ci-dessous sont ceux dont on discute le plus souvent avant le transfert.

Salpingectomie

Ablation de la trompe atteinte, le plus souvent par cœlioscopie. Chez les patientes en FIV avec hydrosalpinx, elle est souvent recommandée car elle supprime la source de liquide qui peut atteindre l’utérus et gêner l’implantation embryonnaire.

Occlusion tubaire proximale

On bloque la trompe près de l’utérus pour empêcher le reflux de liquide. On peut la choisir quand la salpingectomie est techniquement difficile ou moins souhaitable pour la vascularisation ovarienne.

Salpingostomie ou drainage

Ouvrir la trompe ou aspirer le liquide peut préserver l’anatomie dans des cas choisis. La récidive est fréquente. Les résultats de FIV peuvent rester décevants si la trompe continue à produire du liquide. Le drainage seul est rarement un plan durable avant transfert.

Choisir parmi les options

Avant de programmer la chirurgie ou le transfert, ces questions demandent en général une réponse claire :

Notez ces réponses. Laisser le liquide en place alors que des embryons sont déjà transférés est le plan qui échoue le plus souvent en premier.

Le regard clinique du Dr Aksoy

« Avant une FIV, si l’imagerie montre un vrai hydrosalpinx qui communique avec la cavité utérine, mon objectif est simple : empêcher ce liquide d’atteindre la cavité. Je dis aux patientes que le but n’est pas forcément d’enlever la trompe. C’est de protéger l’espace où l’embryon doit s’implanter.

« Quand l’ablation paraît sûre et que la vascularisation ovarienne peut être préservée, je préfère la salpingectomie cœlioscopique. La trompe malade disparaît. On ne laisse pas un segment fermé qui peut se remplir à nouveau. Je le formule ainsi : retirer une trompe qui ne fonctionne pas et qui apporte du liquide dans l’utérus, ce n’est pas réduire vos chances de grossesse. C’est protéger le milieu où un embryon doit s’installer.

« Je m’oriente plus volontiers vers une occlusion proximale quand la trompe est densément collée à l’ovaire ou à la paroi pelvienne, quand des infections, une endométriose ou des chirurgies antérieures ont déformé l’anatomie, ou quand une ablation sûre imposerait une large dissection près du hile ovarien. Même logique s’il n’y a qu’un ovaire, un AMH bas, peu de follicules antraux, une mauvaise réponse antérieure à la stimulation, ou si une chirurgie bilatérale fait craindre pour le flux sanguin ovarien.

« La réserve basse ne se résume pas à un chiffre d’AMH. L’aspect opératoire — à quel point la trompe est collée à l’ovaire, s’il existe un plan de dissection sûr — compte souvent davantage. La salpingectomie n’est pas interdite chez toute patiente à faible réserve. Mais si l’ablation met en danger les vaisseaux ovariens, l’occlusion peut être le choix protecteur le plus raisonnable. Un drainage ou une fenestration distale peut aussi être prévu avec l’occlusion, pour limiter le risque que le segment restant se distende ou serve de foyer infectieux. Les deux approches sont acceptées avant FIV. Le choix suit l’anatomie, les adhérences, le jugement chirurgical et la réserve ovarienne — en cohérence avec l’ASRM et l’OMS.

« Une atteinte unilatérale avec une trompe opposée vraiment ouverte et saine n’exclut pas une grossesse naturelle — surtout si l’âge est plus jeune, la réserve bonne et le spermogramme normal. “L’autre trompe est ouverte” ne suffit pas. La taille et la paroi de la trompe malade, les douleurs ou antécédents d’infection, et les adhérences autour de la trompe opposée comptent encore.

« Avant 35 ans, avec une bonne réserve et sans autre facteur majeur, j’autorise souvent environ six mois de tentatives naturelles après chirurgie, et chez certaines patientes six à douze. Entre 35 et 37 ans, j’attends en général trois à six mois tout au plus. À partir de 38 ans, avec une réserve basse, une infertilité longue ou un facteur masculin, je ne gaspille pas le calendrier à tester la trompe ouverte — je passe plus tôt à la FIV. Une atteinte bilatérale sévère, une grossesse extra-utérine antérieure ou un autre problème de fertilité clair peuvent aussi rendre une longue attente naturelle inadaptée. Je dis : votre chance n’est pas nulle parce que l’autre trompe est ouverte. Mais si l’âge limite le temps, on ne peut pas dépenser ce temps uniquement à attendre la chance tubaire.

« Le drainage à l’aiguille seul n’est presque jamais mon plan durable. Le liquide revient souvent. Une échographie claire le jour du transfert ne prouve pas que le problème est résolu. On peut en discuter seulement comme option temporaire quand la chirurgie n’est pas possible.

« La salpingostomie garde une niche étroite : patiente plus jeune qui tient vraiment à une conception naturelle, sans autre facteur majeur d’infertilité, hydrosalpinx distal léger à paroi fine avec muqueuse et franges relativement préservées, et accès à une chirurgie tubaire expérimentée. Ouvrir une trompe ne la rend pas normale. La reocclusion et la grossesse extra-utérine restent des risques. Je ne favorise pas la salpingostomie suivie de mois d’attente sur une trompe à paroi épaisse, très dilatée, à muqueuse altérée ou densément adhérente.

« Après une salpingectomie ou une occlusion cœlioscopique sans complication, un cycle menstruel — environ quatre à six semaines — me suffit en général, une fois l’échographie sans liquide pelvien, hématome ni hydrosalpinx persistant. Une chirurgie plus large, une infection, une adhésiolyse dense ou un geste concomitant pour endométriose peuvent porter l’attente à deux ou trois mois. Je n’ai pas de règle fixe des “trois mois”.

« Si l’hydrosalpinx apparaît pendant la stimulation, je préfère éviter le transfert frais. Ponction, congélation des embryons, traitement de la trompe, puis transfert quand la cavité est plus sûre. Avec une réserve basse ou un âge avancé, je peux inverser l’ordre — stimuler et congeler d’abord, opérer ensuite, puis transfert d’embryons congelés — pour limiter la perte liée à l’âge pendant la récupération. La ponction peut précéder la chirurgie. Le transfert d’embryons ne doit pas se faire tant qu’un hydrosalpinx communicant reste non traité.

« Une échographie “propre” n’exclut pas l’hydrosalpinx. La trompe n’est pas toujours remplie de liquide au moment de l’examen. L’HSG peut aussi tromper par spasme, technique ou mauvaise lecture. Je n’opère pas sur une phrase écrite seule. “Compatible avec un hydrosalpinx” n’est pas une indication opératoire. Il me faut voir si la trompe est vraiment dilatée et si le contraste se déverse dans l’abdomen.

« Pour les patientes internationales, je demande les DICOM ou séries HSG de bonne qualité, le compte rendu de l’examen, les échographies et notes opératoires antérieures, et les images de laparoscopie s’il y en a. Des films typiques et clairs d’un autre pays n’imposent pas de refaire l’HSG automatiquement. Images incomplètes, seul le rapport écrit, mauvaise qualité technique, ou discordance échographie–HSG : échographie endovaginale experte ici — et HSG ou HyCoSy à nouveau si besoin. Je ne fonderai pas une chirurgie irréversible avant transfert sur un compte rendu ambigu.

« Le lieu de la chirurgie dépend de sa qualité, pas du passeport. Si le diagnostic est net, le geste simple, et qu’un chirurgien cœlioscopiste expérimenté est disponible localement, opérer dans le pays d’origine peut convenir — avec une note opératoire claire sur ce qui a été fait à quelle trompe, photos ou vidéo si possible, et anatomopathologie quand c’est pertinent. Je préfère coordonner la chirurgie à Istanbul avec le centre de transfert lorsque le diagnostic reste douteux, que des adhérences denses ou une endométriose profonde sont attendues, que la protection des vaisseaux ovariens est un enjeu majeur, que le choix salpingectomie ou occlusion ne pourra se faire qu’en laparoscopie, que le calendrier “congeler puis opérer” est délicat, ou que l’expérience locale en chirurgie tubaire conservatrice de fertilité n’est pas claire.

« Ma phrase de synthèse : avant une FIV, l’objectif face à un hydrosalpinx n’est pas la plus grande opération possible. C’est de séparer de façon fiable la cavité du liquide d’hydrosalpinx tout en protégeant la vascularisation ovarienne et le temps de la patiente. La salpingectomie est le premier choix dans la plupart des cas adaptés. L’occlusion proximale en anatomie difficile ou en cas de réserve fragile n’est pas une option de second rang — c’est une alternative protectrice délibérée. »

FIV après traitement de l’hydrosalpinx

Traiter l’hydrosalpinx d’abord. Puis transférer. Pas l’inverse.

  1. Confirmer le diagnostic sur une imagerie fiable ou des notes opératoires — les films, pas seulement le texte du compte rendu quand le tableau est ambigu.
  2. Planifier salpingectomie ou occlusion si indiquée.
  3. Respecter la récupération conseillée par les équipes chirurgicale et FIV — souvent un cycle après une cœlioscopie sans complication.
  4. Poursuivre stimulation ou transfert d’embryons congelés une fois la cavité moins exposée au liquide tubaire.

Traiter la trompe atteinte ne garantit pas la grossesse. Cela retire un obstacle réversible avant de poursuivre la FIV. Qualité ovocytaire, spermatozoïdes, génétique embryonnaire et réceptivité restent déterminants. Après des échecs, revoir le tableau complet — voir échec de FIV.

Pour aller plus loin

FAQ

Peut-on encore tomber enceinte naturellement avec un hydrosalpinx ?

Parfois — surtout si une seule trompe est touchée et que la trompe opposée est vraiment ouverte et saine. L’âge, la réserve ovarienne, la durée d’infertilité et le spermogramme décident encore combien de temps les tentatives naturelles ont un sens après chirurgie, s’il y a lieu. L’hydrosalpinx augmente aussi le risque de grossesse extra-utérine : une attente non surveillée demande un plan clair.

Pourquoi opérer souvent avant une FIV ?

Parce que le liquide de la trompe atteinte peut refluer dans l’utérus et réduire l’implantation embryonnaire. Retirer ou occlure la trompe traite ce problème avant le transfert.

Le drainage du liquide suffit-il ?

Rarement pour longtemps. Le drainage à l’aiguille peut vider la trompe un moment, mais la paroi malade reste et le liquide revient souvent. Une échographie claire le jour du transfert ne prouve pas que le problème est résolu.

L’hydrosalpinx provoque-t-il toujours des douleurs ou des pertes ?

Non. Beaucoup de femmes n’ont ni l’un ni l’autre. Le diagnostic apparaît souvent à l’imagerie d’infertilité.

« Liquide dans la trompe » et hydrosalpinx, c’est la même chose ?

En langage patient, le plus souvent oui. Les comptes rendus peuvent dire trompe dilatée, trompe remplie de liquide, ou hydrosalpinx. Apportez les images — le libellé seul peut être ambigu.

Comment confirme-t-on un hydrosalpinx ?

L’HSG et l’échographie endovaginale sont des premiers pas courants. La laparoscopie peut confirmer le diagnostic et traiter la trompe dans la même intervention quand une chirurgie est déjà indiquée.

Faut-il retirer les deux trompes si une seule montre un hydrosalpinx ?

Pas automatiquement. La décision dépend de la trompe opposée, du projet de fertilité et de ce que l’on trouve à l’opération.

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Dr. Senai Aksoy

Le Dr Aksoy s'est formé en France avant de rentrer en Turquie, où il a été membre fondateur de l'équipe ICSI de l'hôpital Sevgi à Ankara — premier centre ICSI du pays (1994-95) — et co-auteur des premières publications turques sur l'ICSI réalisées en collaboration avec l'équipe Van Steirteghem (Bruxelles, Human Reproduction 1996, PMID 8671323). Il a contribué à créer le programme FIV de l'Hôpital Américain d'Istanbul et dirige son propre centre de fertilité depuis 1998.

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Le contenu a été créé par Dr. Senai Aksoy et approuvé médicalement.