L'endométriose se voit-elle à l'échographie ? Guide échographie, IRM et cœlioscopie
À retenir
Une échographie réalisée par un praticien expérimenté peut détecter les endométriomes ovariens et de nombreuses lésions d'endométriose profonde. Elle peut manquer les lésions superficielles : un résultat normal n'exclut donc pas la maladie. La suite du bilan peut comprendre une imagerie spécialisée ou une cœlioscopie, selon les symptômes, les traitements déjà essayés et votre projet de grossesse.
Sources clés : Recommandations ESHRE : endométriose (2022) NICE NG73 — diagnostic de l'endométriose (mise à jour 2024) Protocole IDEA — Guerriero et al., 2016
L’endométriose se voit-elle à l’échographie ?
Oui, certaines formes d’endométriose peuvent être détectées à l’échographie. C’est notamment le cas des endométriomes ovariens et de nombreuses lésions profondes, lorsque l’examen est réalisé par un opérateur expérimenté selon un protocole structuré.
En revanche, l’endométriose péritonéale superficielle peut rester invisible. Une échographie normale n’exclut donc pas le diagnostic.
Attendre une confirmation chirurgicale avant de reconnaître le diagnostic a pu allonger le délai chez des femmes présentant déjà des symptômes évocateurs d’endométriose.
La banalisation des symptômes, les retards de consultation ou d’orientation vers un spécialiste, et un accès limité à l’imagerie spécialisée y contribuent aussi. Le retard diagnostique reste fréquent et varie fortement selon les pays et les systèmes de soins.
Les recommandations ESHRE de 2022 ont donné une place centrale à l’imagerie de première intention. Elles réservent la cœlioscopie à certaines situations où elle est susceptible de modifier la prise en charge.
L’objectif est concret : raccourcir le délai, éviter des opérations inutiles, et démarrer plus tôt une prise en charge guidée par les symptômes. Une femme dont la priorité est une grossesse n’emprunte pas le même chemin qu’une femme dont la priorité est le contrôle de la douleur.
Cette page présente les outils diagnostiques actuellement disponibles. Pour le panorama : guide complet de l’endométriose, endométriose et infertilité, symptômes de l’endométriose.
Le diagnostic commence avant l’examen : symptômes et examen clinique
L’imagerie ne remplace ni l’écoute, ni l’examen clinique.
Les éléments qui font évoquer le diagnostic sont notamment :
- des règles de plus en plus douloureuses et invalidantes (dysménorrhée) ;
- une douleur profonde pendant ou après les rapports sexuels (dyspareunie) ;
- des douleurs digestives cycliques ou une défécation douloureuse pendant les règles (dyschésie) ;
- des douleurs lors des mictions ou du sang dans les urines, notamment pendant les règles ;
- une douleur pelvienne chronique présente en dehors des menstruations ;
- une difficulté à concevoir, surtout en présence d’autres symptômes évocateurs ;
- des antécédents familiaux d’endométriose au premier degré (mère, sœur) ;
- une fatigue chronique marquée et inexpliquée ;
- un retentissement direct sur la vie professionnelle, les études, l’intimité ou le quotidien.
Les chirurgies antérieures et la réponse aux antalgiques ou au traitement hormonal comptent aussi.
Pendant l’examen, le médecin vérifie notamment si l’utérus bouge librement. Une zone douloureuse ou de petits nodules au fond du vagin, une douleur le long des ligaments qui soutiennent l’utérus, ou une masse près d’un ovaire peuvent aussi orienter le diagnostic.
Un examen pelvien normal n’exclut pas l’endométriose, surtout au début ou en cas d’endométriose superficielle. Les recommandations NICE préconisent de proposer une échographie dès qu’une endométriose est suspectée, même si l’examen abdominal ou pelvien est normal.
Quand demander une évaluation rapide
Consultez immédiatement aux urgences en cas de douleur pelvienne soudaine et intense, de perte de connaissance, de saignements abondants avec vertiges ou faiblesse importante, ou de fortes douleurs abdominales avec vomissements et arrêt des selles et des gaz. N’attendez pas un rendez-vous pour l’endométriose. Si une grossesse est possible, une douleur ou des saignements accompagnés d’un malaise peuvent évoquer une grossesse extra-utérine ; NICE recommande une orientation directe vers les urgences lorsque la douleur, les saignements ou l’état circulatoire sont préoccupants.
Demandez un avis médical urgent, généralement le jour même, en cas de douleur ou de saignements avec un test de grossesse positif, de fièvre avec douleur pelvienne, ou de sang visible dans les urines. Des symptômes sévères relèvent des urgences.
D’autres constatations nécessitent un avis spécialisé rapide, sans les attribuer d’emblée à l’endométriose :
- masse ovarienne atypique ou à croissance rapide ;
- douleur ou masse pelvienne postménopausique récente ;
- suspicion qu’un uretère est bloqué et que le rein gonfle (hydronéphrose).
Le degré d’urgence dépend des symptômes et des résultats de l’examen. Une masse nouvelle ou atypique doit être évaluée même si une endométriose est déjà connue.
L’échographie endovaginale selon IDEA
Le protocole IDEA (International Deep Endometriosis Analysis), publié par Guerriero et al. en 2016, transforme une échographie « libre » en quatre étapes claires.
Les mêmes constatations peuvent aussi être décrites avec des systèmes de cartographie comme #Enzian, qui aident les équipes à parler le même langage sur l’extension de la maladie.
Si l’échographie endovaginale n’est pas appropriée ou acceptable — y compris chez les adolescentes et toute personne qui refuse l’examen vaginal — une échographie pelvienne par voie abdominale peut être proposée en première intention.
Une IRM spécialisée, ou dans certains contextes une échographie transrectale, peut suivre selon les symptômes, la localisation suspectée et les préférences de la patiente.
Étape 1 — utérus et ovaires
L’opérateur évalue :
- la mobilité de l’utérus, notamment s’il est incliné vers l’arrière et reste fixé dans cette position ;
- les signes d’adénomyose, une présence de tissu semblable à la muqueuse utérine dans le muscle de l’utérus : épaississement irrégulier ou petits kystes dans cette paroi, par exemple ;
- les kystes ovariens — taille, aspect et circulation sanguine — notamment l’endométriome, un kyste contenant du sang, parfois appelé « kyste chocolat » ;
- si la fertilité fait partie du bilan, le compte des follicules antraux, c’est-à-dire le nombre de petits follicules visibles dans les ovaires. Il aide à évaluer la réserve ovarienne, mais ne permet pas de diagnostiquer l’endométriose.
Découvrir un endométriome ne signifie pas qu’il doive être retiré.
Avant une décision chirurgicale, le médecin examine avec vous l’âge, les symptômes, les opérations ovariennes antérieures, l’atteinte d’un seul ou des deux ovaires et le projet de grossesse. Le dosage sanguin de l’hormone anti-müllérienne (AMH) et le compte folliculaire aident aussi à évaluer la réserve ovarienne.
Étape 2 — signes indirects
Deux signes indirects sont recherchés :
- Douleur localisée à la pression douce de la sonde : elle aide à repérer une zone sensible, mais ne suffit pas à diagnostiquer une endométriose.
- Fixation ovarienne — l’ovaire ne glisse pas librement contre la paroi ou l’utérus, ce qui peut évoquer des adhérences.
Étape 3 — signe du glissement (sliding sign)
Une pression douce avec la sonde et, si nécessaire, une main sur l’abdomen permet d’observer si l’intestin et l’utérus glissent librement l’un contre l’autre. L’espace situé derrière l’utérus s’appelle le cul-de-sac de Douglas.
- Signe positif : le mouvement libre rend moins probable la fermeture de cet espace par des adhérences. Cela n’exclut pas des adhérences ailleurs dans le bassin.
- Signe négatif : un mouvement limité ou absent suggère que les tissus peuvent être attachés entre eux. Cela peut se voir dans l’endométriose profonde derrière l’utérus.
Étape 4 — compartiments antérieur et postérieur
Recherche systématique des nodules d’endométriose profonde :
- Devant l’utérus : la paroi de la vessie et l’espace entre la vessie et l’utérus.
- Derrière l’utérus : les ligaments qui le soutiennent, le tissu entre le vagin et le rectum, la paroi de la partie basse de l’intestin et le vagin.
Les nodules profonds peuvent apparaître plus sombres que les tissus voisins, avec des contours irréguliers ou peu nets. Le médecin interprète leur aspect en tenant compte de leur emplacement et des autres constatations.
La cartographie aide à évaluer l’étendue de la maladie, à orienter la patiente vers l’équipe adaptée et à planifier le traitement. Si une chirurgie est nécessaire, elle aide aussi à constituer la bonne équipe.
Une opération qui touche l’intestin, la vessie ou les uretères relève d’un cadre pluridisciplinaire expérimenté.
Performance diagnostique
Entre des mains expérimentées, l’échographie endovaginale est très précise pour les endométriomes ovariens. L’examen expert l’est aussi pour l’endométriose profonde recto-sigmoïdienne.
Pour les autres sites d’endométriose profonde, la précision varie selon la localisation des lésions et l’expérience de l’opérateur.
L’endométriose péritonéale superficielle reste l’angle mort principal : les lésions sont souvent trop petites ou trop discrètes pour être détectées de façon fiable par échographie ou IRM. Une imagerie normale ne les exclut pas.
Un examen IDEA réalisé par un opérateur non formé au protocole peut sous-estimer la maladie. L’expérience compte.
IRM pelvienne : quand et pourquoi
L’IRM pelvienne spécialisée aide à préciser les résultats et à repérer l’étendue d’une endométriose profonde. Le consensus ESUR de 2025 recommande une IRM si l’échographie est non concluante ou normale malgré des symptômes persistants, ainsi que pour préparer une chirurgie ou explorer des symptômes qui persistent après une opération. Le spécialiste précise son intérêt dans votre situation.
- l’échographie est non concluante ou normale et les symptômes restent évocateurs ;
- une endométriose profonde demande une cartographie fine du rectum, du sigmoïde, des uretères, de la vessie et des autres compartiments pelviens ;
- la clinique et l’échographie divergent ;
- l’échographie endovaginale ne convient pas ou est refusée : l’échographie abdominale et l’avis spécialisé aident alors à décider de l’intérêt d’une IRM.
Un protocole d’IRM adapté à l’endométriose permet de rechercher des lésions contenant du sang et de préciser leurs rapports avec les organes voisins. L’équipe de radiologie vous expliquera la préparation prévue pour votre examen.
L’IRM spécialisée et l’échographie experte peuvent toutes deux bien cartographier l’endométriose profonde. Leur performance relative dépend du site, du protocole et de l’expertise.
Ces deux examens doivent être considérés comme complémentaires plutôt que concurrents. L’IRM reste aussi limitée pour les lésions péritonéales superficielles.
CA-125 : ni dépistage, ni suivi de routine
Le CA-125 est un marqueur tumoral sanguin dont le taux peut s’élever dans l’endométriose. Il peut aussi s’élever dans bien d’autres situations : menstruations, kyste fonctionnel, infection pelvienne, fibrome, cancer ovarien, grossesse, ascite ou péritonite.
Sa sensibilité est particulièrement faible au début de la maladie.
L’ESHRE 2022 déconseille les biomarqueurs tels que le CA-125 pour dépister une femme asymptomatique, ou pour confirmer ou exclure l’endométriose chez une femme symptomatique.
Il n’a pas de rôle de routine pour suivre l’activité de la maladie ou la réponse au traitement.
Il peut parfois entrer dans le bilan plus large d’une masse ovarienne atypique lorsqu’une tumeur ovarienne maligne fait partie du diagnostic différentiel. Il ne doit jamais être interprété seul. Il ne distingue pas à lui seul l’endométriose d’une tumeur maligne ovarienne.
La nouvelle place de la cœlioscopie
Les recommandations s’accordent sur un point : la cœlioscopie ne doit plus être le premier recours automatique.
L’ESHRE ne la traite plus comme la référence diagnostique systématique. On l’envisage surtout lorsque l’imagerie est négative mais que les symptômes restent fortement évocateurs, ou lorsque le traitement empirique a échoué, est inadapté ou n’est pas acceptable.
Les recommandations NICE actualisées en 2024 vont dans le même sens, tout en précisant qu’une cœlioscopie peut encore être envisagée lorsque l’échographie ou l’IRM est normale mais que la suspicion clinique persiste.
La question est de savoir si la chirurgie changerait la prise en charge, en tenant compte des symptômes, de vos priorités et de votre projet de grossesse.
Quand la cœlioscopie reste envisagée
- Imagerie négative chez une femme symptomatique dont la douleur n’est pas contrôlée, ou pour qui un traitement hormonal empirique n’est pas adapté.
- Indication thérapeutique claire : retirer des lésions douloureuses, lever des adhérences, traiter une endométriose profonde avec atteinte intestinale ou urinaire.
- Situations d’infertilité soigneusement sélectionnées — voir plus bas.
- Suspicion d’une pathologie associée que l’imagerie n’a pas clarifiée.
Ce que la cœlioscopie ne doit plus être
- Un passage obligé avant tout traitement médical.
- Un outil de dépistage chez une femme asymptomatique avec « doute clinique ».
- Une réponse réflexe à une douleur pelvienne avant d’avoir clarifié les objectifs et les options.
Pendant la cœlioscopie, le chirurgien peut prélever un fragment de tissu suspect pour l’analyser : c’est une biopsie. Un résultat négatif n’exclut pas complètement l’endométriose, car le prélèvement peut ne pas contenir le tissu atteint. NICE distingue cette situation d’une exploration systématique du bassin qui ne montre aucune anomalie.
Si cette exploration est normale et documentée, avec des images, NICE recommande d’expliquer que l’endométriose est peu probable et de discuter d’autres pistes pour comprendre et traiter les symptômes. Ce résultat ne remet pas en cause la réalité de votre douleur.
Traiter la douleur sans confirmation chirurgicale : tenir compte du projet de grossesse
Un traitement peut être proposé devant une suspicion d’endométriose, sans attendre une confirmation chirurgicale. NICE recommande de mener l’échographie, l’orientation éventuelle vers un spécialiste et le premier traitement médical en parallèle. Le choix dépend de vos symptômes, de vos antécédents et de votre projet de grossesse.
La prise en charge de la douleur reste possible que vous cherchiez ou non à concevoir, avec des médicaments adaptés à votre situation. Si vous ne cherchez pas actuellement à concevoir, un contraceptif hormonal combiné ou un progestatif peut aussi être envisagé contre la douleur. On parle de traitement empirique lorsqu’il est proposé pour une maladie suspectée, sans confirmation chirurgicale. Une amélioration ne prouve pas, à elle seule, qu’il s’agit d’endométriose ; des symptômes persistants doivent être réévalués.
Si vous essayez de concevoir, le blocage hormonal de l’activité ovarienne n’est pas un traitement de l’infertilité. L’ESHRE déconseille de le prescrire pour améliorer la fertilité. La douleur doit néanmoins être prise en charge avec un traitement compatible avec votre projet de grossesse.
L’âge, la réserve ovarienne, la perméabilité tubaire, le spermogramme, la durée de l’infertilité ainsi que la place éventuelle de la chirurgie ou de la FIV doivent alors être évalués sans retard inutile.
Convenez avec votre médecin d’un moment pour faire le point sur le soulagement obtenu et les éventuels effets indésirables.
Des symptômes persistants ou aggravés, une mauvaise tolérance, un projet de grossesse, ou une suspicion d’atteinte intestinale, vésicale ou urétérale peuvent justifier plus tôt une imagerie spécialisée ou une discussion chirurgicale.
Si le traitement hormonal est inadapté parce qu’une grossesse est souhaitée, la prise en charge doit s’orienter vers un bilan de fertilité plutôt que vers une suppression hormonale.
Une suspicion d’endométriose change-t-elle le bilan d’infertilité ?
L’AMH et le compte des follicules antraux ne diagnostiquent pas l’endométriose. Ils aident à évaluer la réserve ovarienne pour préparer un traitement de fertilité ou discuter d’une chirurgie ovarienne. Ils ne permettent pas de prédire précisément la perte de réserve après une opération chez une patiente donnée.
L’évaluation tubaire ne doit pas être oubliée lorsqu’elle est pertinente. Le spermogramme doit être réalisé sans délai inutile. La suppression hormonale n’est pas un traitement de fertilité.
La cœlioscopie n’est pas un examen de routine pour toute femme avec échographie normale et trompes perméables.
La décision repose sur l’âge, la réserve ovarienne, la douleur, les chirurgies antérieures, la durée d’infertilité, le spermogramme, les résultats tubaires et les autres facteurs d’infertilité. Elle dépend aussi de l’option la plus réaliste à ce stade : une conception spontanée ou la FIV.
Pour comprendre les options : cœlioscopie et infertilité. Selon l’ESHRE, la décision chirurgicale tient compte de ces facteurs et des préférences de la patiente.
La question n’est pas seulement de savoir si une opération confirmerait l’endométriose. Il faut aussi mettre en balance son bénéfice attendu, ses risques et le délai qu’elle pourrait imposer au traitement de fertilité.
Même avec une échographie normale, des douleurs importantes, une douleur profonde pendant les rapports, des troubles digestifs ou urinaires, des nodules ou une mobilité réduite des organes à l’examen, ou une suspicion d’endométriose profonde à l’IRM peuvent justifier de discuter une cœlioscopie. Il faut qu’elle puisse réellement changer le diagnostic ou le traitement : aucun de ces signes ne rend l’opération automatique.
Si les symptômes sont discrets ou absents, surtout lorsque l’âge avance, que la réserve ovarienne est limitée, que l’infertilité dure ou qu’un facteur masculin ou tubaire est présent, compléter le bilan de fertilité puis commencer le traitement peut être plus utile qu’une cœlioscopie diagnostique. Selon les résultats, il peut s’agir d’une insémination intra-utérine ou d’une FIV ; ces options ne conviennent pas aux mêmes situations.
Lorsque l’âge, une réserve ovarienne basse ou un autre facteur d’infertilité rend le temps précieux, une opération peut retarder le traitement. Le risque de baisse de la réserve concerne surtout les interventions sur l’ovaire, comme l’ablation d’un endométriome, et ne doit pas être attribué à la seule inspection diagnostique. L’ESHRE déconseille l’opération systématique d’un endométriome avant une FIV dans le seul but d’améliorer les chances de naissance vivante : le bénéfice n’est pas démontré et la réserve ovarienne peut diminuer.
La décision doit servir le projet de grossesse, pas seulement le diagnostic.
Qu’est-ce qui peut mimer l’endométriose ?
Une imagerie normale ne doit pas interrompre les investigations. Cependant, une douleur pelvienne persistante ne doit pas non plus être automatiquement attribuée à l’endométriose.
Les diagnostics différentiels ou pathologies associées comprennent notamment :
- l’adénomyose ;
- les fibromes ;
- une infection pelvienne ;
- les kystes ovariens ;
- le syndrome de l’intestin irritable ;
- le syndrome de douleur vésicale ;
- un dysfonctionnement du plancher pelvien ;
- une douleur neuropathique ;
- d’autres pathologies digestives ou urinaires.
Un bilan rigoureux permet de distinguer ces différentes possibilités sans attribuer systématiquement tous les symptômes à une seule maladie.
Pièges et limites à connaître
- L’imagerie ne voit pas tout. Les lésions péritonéales superficielles sont souvent invisibles. Une imagerie négative chez une femme très symptomatique n’équivaut pas à « pas d’endométriose ».
- Un examen clinique normal n’exclut pas non plus le diagnostic.
- Le retard diagnostique persiste. Dans la revue de De Corte et al., BJOG 2025, les moyennes ou médianes des études vont de 0,3 à 12 ans, mais les points de départ diffèrent. Le délai entre les premiers symptômes et le diagnostic va de 5 à 12 ans ; celui entre la première consultation et le diagnostic, de 0,3 à 8,6 ans. Ces chiffres ne prédisent pas votre propre délai.
- L’expérience de l’opérateur compte. La qualité de l’échographie IDEA et de l’IRM dépend fortement de l’expérience des opérateurs.
- L’adénomyose coexiste fréquemment avec l’endométriose et doit être recherchée délibérément, car elle peut influencer la prise en charge.
En pratique
- Préparez un historique de vos symptômes pour la consultation. Le médecin pourra vous proposer un examen clinique et une échographie endovaginale, idéalement auprès d’un praticien formé à l’endométriose, ou une autre modalité si cet examen ne convient pas ou si vous le refusez.
- Une IRM pelvienne spécialisée peut aider si l’échographie est non concluante ou normale malgré des symptômes persistants, ou si une endométriose profonde nécessite un bilan plus précis.
- Le CA-125 ne permet pas de confirmer ou d’exclure l’endométriose de façon fiable et ne sert pas à son suivi habituel.
- Un traitement hormonal contre la douleur peut être discuté si vous ne cherchez pas actuellement à concevoir. Le soulagement de la douleur doit aussi être abordé en cas de projet de grossesse, avec un traitement adapté.
- Si vous souhaitez une grossesse, discutez du bilan de fertilité : âge, réserve ovarienne, état des trompes, spermogramme et durée des difficultés à concevoir.
- La cœlioscopie peut être utile si elle change le traitement : douleurs persistantes après un bilan adapté, besoin de traiter une lésion ou situation particulière d’infertilité. La décision se prend avec vous.
FAQ
L’endométriose se voit-elle à l’échographie ?
Souvent oui — surtout les endométriomes ovariens et de nombreuses lésions profondes — lorsqu’un opérateur formé utilise le protocole IDEA.
L’échographie peut manquer les lésions péritonéales superficielles. Une échographie normale n’exclut pas le diagnostic si les symptômes restent importants.
Une échographie normale exclut-elle l’endométriose ?
Non. L’échographie peut manquer une endométriose superficielle. Si les symptômes persistent, discutez avec votre médecin de la suite du bilan et du soulagement de la douleur. Le projet de grossesse aide à choisir entre un traitement hormonal, un bilan de fertilité ou d’autres examens.
Faut-il faire l’échographie pendant les règles ?
Non. Une échographie selon IDEA peut en général être réalisée à n’importe quel moment du cycle.
Il n’est généralement pas nécessaire de choisir un jour précis du cycle. La date peut être adaptée pour votre confort, en fonction des saignements ou des consignes du centre.
Pourquoi mon médecin ne demande-t-il pas de CA-125 ?
Parce qu’il ne sert ni au dépistage, ni à la confirmation, ni à l’exclusion, ni au suivi de routine de l’endométriose.
Son taux est souvent normal au début, et il peut s’élever dans bien d’autres situations. L’ESHRE 2022 déconseille les biomarqueurs tels que le CA-125 dans ce contexte diagnostique.
Une IRM est-elle systématique après l’échographie ?
Non. L’IRM n’est pas nécessaire après chaque échographie. Le spécialiste peut la proposer si l’échographie est non concluante ou normale malgré des symptômes persistants, ou s’il faut préciser l’étendue d’une endométriose profonde pour préparer le traitement.
Vais-je devoir faire une cœlioscopie pour confirmer ?
Pas systématiquement. Les recommandations évitent la cœlioscopie diagnostique automatique.
Elle peut encore être envisagée si l’imagerie est négative malgré une forte suspicion persistante, si le traitement empirique a échoué ou est inadapté, ou si une chirurgie est de toute façon nécessaire pour la douleur, une endométriose profonde ou une situation d’infertilité soigneusement sélectionnée.
Combien de temps pour avoir un diagnostic ?
Il n’existe pas de délai fixe fiable. Le temps nécessaire dépend des symptômes, de l’accès à une imagerie spécialisée et des examens complémentaires éventuels. Si les symptômes persistent, une échographie normale ne doit pas mettre fin au bilan. Demandez quelle sera la prochaine étape et quand les symptômes et le traitement seront réévalués.
Sources
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- National Institute for Health and Care Excellence. Endometriosis: diagnosis and management (NG73). Mise à jour 2024.
- National Institute for Health and Care Excellence. Grossesse extra-utérine et fausse couche : diagnostic et prise en charge initiale (NG126), recommandations 1.3.1–1.3.9.
- Guerriero S, Condous G, van den Bosch T, et al. Systematic approach to sonographic evaluation of the pelvis in women with suspected endometriosis, including terms, definitions and measurements: a consensus opinion from the International Deep Endometriosis Analysis (IDEA) group. Ultrasound Obstet Gynecol 2016;48:318–332.
- Kanti FS, Gorak Savard R, Bergeron F, et al. Transvaginal ultrasound and magnetic resonance imaging in the diagnosis of endometrioma: a systematic review and meta-analysis of diagnostic test accuracy studies. J Obstet Gynaecol 2024;44(1):2311664.
- Xu Z, Li Y, Wang Y, Wan Y, Chen J. Transvaginal ultrasound and magnetic resonance imaging in detecting rectosigmoid deep infiltrating endometriosis: a comparative meta-analysis. Frontiers in Medicine 2025;12:1552185.
- Keckstein J, Saridogan E, Ulrich UA, et al. The #Enzian classification: A comprehensive non-invasive and surgical description system for endometriosis. Acta Obstet Gynecol Scand 2021;100:1165–1175.
- De Corte P, Klinghardt M, von Stockum S, Heinemann K. Time to Diagnose Endometriosis: Current Status, Challenges and Regional Characteristics — A Systematic Literature Review. BJOG 2025;132:118–130. doi:10.1111/1471-0528.17973.
- Thomassin-Naggara I, et al. ESUR consensus MRI for endometriosis: indications, reporting, and classifications. European Radiology 2025;35(11):7260–7268. doi:10.1007/s00330-025-11579-0.
- Thomassin-Naggara I, Dolciami M, Chamie LP, et al. ESUR consensus MRI for endometriosis: protocol, lexicon, and compartment-based analysis. European Radiology 2025;35(11):7272–7286. doi:10.1007/s00330-025-11611-3.
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