Hystéroscopie : dans quels cas est-elle indiquée ?
À retenir
L'hystéroscopie est une procédure diagnostique et thérapeutique peu invasive utilisée pour examiner la cavité utérine.
Hystéroscopie : dans quels cas est-elle indiquée ?
L’hystéroscopie permet d’examiner directement la cavité utérine à l’aide d’un tube fin introduit par le col. Elle peut être diagnostique, lorsqu’il s’agit de comprendre un saignement ou une image suspecte, ou opératoire lorsqu’un geste est réalisé dans le même temps. Son intérêt dépend surtout du symptôme, de l’imagerie et du projet de grossesse.
Indications de l’hystéroscopie
L’hystéroscopie n’est pas un examen de routine pour toutes les patientes. Elle devient pertinente lorsqu’une anomalie de la cavité utérine est suspectée, lorsqu’un saignement doit être expliqué, ou lorsqu’un parcours de fertilité nécessite une évaluation plus précise de l’endomètre.
1. Saignement utérin anormal (SUA)
- Ménorragies : Les saignements menstruels abondants sont une raison fréquente de recourir à l’hystéroscopie. Elle permet de diagnostiquer des anomalies structurelles telles que des polypes, des fibromes ou une adénomyose.
- Saignements post-ménopausiques : tout saignement après la ménopause doit être évalué. L’hystéroscopie peut aider à visualiser la cavité et à réaliser une biopsie ciblée si nécessaire.
- Saignements intermenstruels : Les saignements entre les règles peuvent être examinés pour identifier des polypes endométriaux ou d’autres lésions.
2. Subfertilité et pertes de grossesse récurrentes
L’hystéroscopie peut être discutée en cas d’infertilité, de fausses couches répétées ou d’échecs d’implantation, surtout si l’échographie suggère un polype, un fibrome sous-muqueux, une synéchie ou une anomalie de forme de la cavité.
3. Anomalies utérines suspectées
- Malformations congénitales : Les affections telles que l’utérus cloisonné, l’utérus bicorné et d’autres anomalies mullériennes peuvent être diagnostiquées et parfois traitées grâce à l’hystéroscopie.
- Affections acquises : Les synéchies utérines (adhérences), résultant souvent d’infections ou d’interventions chirurgicales, peuvent être diagnostiquées et traitées par hystéroscopie.
4. Pathologies de l’endomètre
- Polypes et hyperplasie : Les polypes endométriaux, responsables de saignements anormaux, sont facilement identifiés et retirés lors d’une hystéroscopie. L’hyperplasie, en particulier l’hyperplasie atypique, peut également être évaluée.
- Les fibromes sous-muqueux, qui font saillie dans la cavité utérine, peuvent être diagnostiqués et réséqués par hystéroscopie, réduisant ainsi les symptômes tels que les saignements et la douleur.
5. Dispositifs intra-utérins (DIU) perdus
Si un stérilet n’est pas visible lors d’un examen pelvien ou d’une échographie, l’hystéroscopie peut aider à le localiser et à le retirer dans de bonnes conditions.
6. Surveillance du cancer et de l’hyperplasie de l’endomètre
L’hystéroscopie permet une visualisation directe et une biopsie ciblée des zones suspectes chez les patientes ayant des antécédents d’hyperplasie ou de cancer de l’endomètre.
7. Douleur pelvienne chronique
Pour les patientes souffrant de douleurs pelviennes chroniques inexpliquées, l’hystéroscopie peut aider à identifier les causes intra-utérines qui pourraient ne pas être visibles par d’autres modalités d’imagerie.
Critères de sélection des patientes
La sélection des candidates appropriées pour l’hystéroscopie implique une évaluation clinique approfondie. Les critères sont les suivants :
- Âge et contexte reproductif : les indications diffèrent selon que la patiente est en parcours de fertilité, préménopausée ou ménopausée.
- Symptômes : saignements anormaux, fausses couches répétées, suspicion d’adhérences ou anomalie échographique orientent la décision.
- Antécédents médicaux : curetage, chirurgie utérine, infection ou traitement hormonal peuvent modifier l’indication.
- Imagerie : l’échographie, la sonohystérographie ou l’IRM aident à décider si une visualisation directe est utile.
Contre-indications à l’hystéroscopie
Bien que l’hystéroscopie soit généralement sûre, certaines conditions contre-indiquent son utilisation :
- Infection pelvienne active : Pratiquer une hystéroscopie au cours d’une infection active peut exacerber la situation et propager l’infection.
- Grossesse : L’hystéroscopie est contre-indiquée pendant la grossesse en raison du risque de perturbation de la grossesse.
- Sténose cervicale sévère : Bien qu’elle puisse être prise en charge, la sténose cervicale sévère pose un défi technique et peut nécessiter d’autres approches.
- Chirurgie utérine récente : Un court intervalle après une chirurgie utérine importante peut augmenter le risque de complications.
Avantages de l’hystéroscopie
L’intérêt de l’hystéroscopie tient surtout à la visualisation directe de la cavité utérine :
- Pas d’incision abdominale : la récupération est souvent courte.
- Visualisation directe : le médecin voit la cavité au lieu de l’inférer seulement par imagerie.
- Diagnostic et geste dans le même temps : certains polypes, synéchies ou fibromes sous-muqueux peuvent être traités pendant la procédure.
Complications potentielles
Bien que rares, des complications peuvent survenir :
- Infection : Il existe un faible risque d’infection pelvienne après l’intervention.
- Perforation : La perforation accidentelle de l’utérus est une complication possible mais rare.
- Saignements : Les saignements mineurs sont fréquents, mais les hémorragies importantes sont rares.
- Adhérences : Des adhérences postopératoires (synéchies intra-utérines) peuvent se former et avoir un impact potentiel sur la fertilité.
En pratique
L’hystéroscopie est surtout utile lorsqu’un symptôme, une échographie ou un parcours de fertilité suggère une anomalie de la cavité utérine. Elle peut aider à diagnostiquer ou traiter des polypes, fibromes sous-muqueux, synéchies ou certaines anomalies endométriales. La décision doit rester individualisée, car l’examen n’est pas nécessaire en routine chez toutes les patientes.
FAQ
L’hystéroscopie est-elle systématique avant une FIV ?
Non. Elle se discute surtout si l’échographie, l’histoire clinique ou les échecs d’implantation font suspecter un polype, un fibrome sous-muqueux, une synéchie ou une anomalie de la cavité.
Peut-on traiter une anomalie pendant le même geste ?
Parfois, oui. Une hystéroscopie opératoire peut permettre de retirer certains polypes, de sectionner des synéchies ou de traiter un fibrome sous-muqueux, selon sa taille et sa localisation.
Quels symptômes orientent vers cet examen ?
Des saignements abondants, des saignements entre les règles, des pertes de grossesse répétées ou une anomalie vue à l’échographie peuvent justifier une évaluation de la cavité utérine.
Quels éléments préparer avant la consultation ?
Apportez les échographies, comptes rendus opératoires, résultats de biopsie ou d’hystéroscopie antérieure, et les dates des saignements ou des traitements déjà réalisés.
Quels sont les principaux risques ?
Ils sont rares, mais peuvent inclure infection, saignement, perforation utérine ou adhérences. Le risque dépend du geste prévu et du contexte médical.
À lire aussi
- Chirurgie hystéroscopique de l’adénomyose
- Fibromes et FIV : quand la cavité utérine doit être évaluée
Sources
- American College of Obstetricians and Gynecologists. The Use of Hysteroscopy for the Diagnosis and Treatment of Intrauterine Pathology.
- American College of Obstetricians and Gynecologists. Hysteroscopy.
- World Health Organization. Diagnosis of infertility.
Le contenu a été créé par Dr. Senai Aksoy et approuvé médicalement.